Milieux humides

Que sont les milieux humides?

En fait, ce sont des étendues de terre saturées d’eau ou inondées pendant une période suffisamment longue pour que le sol et la végétation en soient modifiés et que la vie aquatique soit favorisée.

On distingue plusieurs types de milieux humides possédant des caractéristiques particulières et propres à chacun (niveau d’eau, végétation, types de sol, etc.).

Les marais

marais

 Habitats dominés par des plantes herbacées sur substrat minéral partiellement ou complètement submergé au cours de la saison de croissance. La plupart du temps, les marais sont riverains, ce qui veut dire qu’ils sont ouverts sur un lac ou un cours d’eau. Ils peuvent parfois être isolés lorsqu’ils découlent d’interventions anthropiques ou de résurgence de la nappe phréatique. Leur alimentation en eau provient des lacs, cours d’eau, précipitations, eaux de ruissellement et eaux souterraines. Dans la plupart des marais, l’eau est présente toute l’année.

Végétation typique : plantes aquatiques submergées et flottantes, carex, quenouilles,joncs et roseaux.

 

Les marécages

marecage

Ils sont dominés par une végétation ligneuse, arborescente ou arbustive, croissant sur un sol minéral ou organique soumis à des inondations saisonnières ou caractérisé par une nappe phréatique élevée et une circulation d’eau enrichie de minéraux dissous. L’alimentation en eau des marécages provient des lacs, des cours d’eau, des eaux de ruissellement, des précipitations et des eaux souterraines. L’eau de surface est présente de manière saisonnière ou persiste sur de plus longues périodes. Les marécages peuvent être isolés ou ouverts sur un lac ou un cours d’eau.

Végétation typique : thuya, mélèze, épinette, érable, frêne, saule, aulne, peuplier, myrique.

 

L’étang

etang

Étendue d’eau bien définie, libre et stagnante, permanente ou temporaire, avec ou sans lien avec le réseau hydrographique. Repose dans une cuvette dont la profondeur moyenne n’excède pas deux mètres au milieu de l’été. La végétation, lorsqu’elle est présente, se limite surtout en périphérie. Un étang peut être d’origine naturelle ou artificielle et l’eau y est présente pratiquement toute l’année.

 

Les tourbières

tourbiere_anticosti

Terrains recouverts de tourbe caractérisés par un milieu mal drainé où le processus d’accumulation organique prévaut sur les processus de décomposition et d’humification, peu importe la composition botanique des restes végétaux. Il existe différents types de tourbières, certaines sont partiellement dénudées tandis que d’autres supportent de vastes forêts. On distingue deux grands types de tourbières :

Ombrotrophe (Bog) : Les apports en éléments minéraux proviennent des précipitations et du vent, l’eau est acide et très pauvre en éléments minéraux. On y retrouve principalement des sphaignes accompagnées d’arbustes (éricacées) et d’arbres (mélèze et épinette noire).

Minérotrophe (Fen) : Les apports en éléments minéraux et en eau proviennent de la nappe phréatique qui s’écoule très lentement. L’eau est relativement acide et riche en éléments minéraux. On y retrouve surtout des herbacées et la présence de mousses brunes.

Source : Ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs, 2006. Identification et délimitation des écosystèmes aquatiques, humides et riverains, 14p.

 


 

Les rôles des milieux humides

Filtration et épuration des eaux :

humides2_1

Les milieux humides améliorent grandement la qualité de l’eau dans les bassins versants. Les terres humides captent et retiennent les sédiments ainsi que les nutriments provenant des eaux de ruissellement de manière à diminuer l’opacité de l’eau, à recycler les excédents d’éléments nutritifs (azote et phosphore) et à réduire la charge de pathogènes (microbes, virus et bactéries) et de contaminants (pesticides) dans l’eau : tout cela grâce à la végétation et aux microorganismes qui y vivent. En effet, la zone tampon créée par les bactéries, les plantes et le sol des milieux humides permet une filtration des polluants et des sédiments en suspension dans l’eau. Elle agit donc comme barrière contre les apports de sédiments et polluants dans les cours d’eau. Aussi, lors du passage de l’eau dans le milieu humide, les plantes retiennent, par leurs racines, les nutriments en excès ainsi que certains polluants. Elles permettent aussi d’oxygéner le milieu.

Composante essentielle du cycle de l’eau :

protection-des-milieux-humides-pche-2

Les milieux humides reçoivent, retiennent et emmagasinent l’eau provenant des précipitations ainsi que les eaux de ruissellement pour ensuite relâcher celles-ci lentement dans le sol, créant d’importantes zones d’alimentation souterraines. Ils forment donc une source d’approvisionnement soutenue en eau et contribuent au renouvellement continuel de la nappe phréatique, ce qui permet de limiter les effets néfastes lors des périodes de sécheresse saisonnières.

Barrière naturelle :

fich001_002_f

Les milieux humides régularisent le niveau et le débit des cours d’eau de manière à réduire les risques d’inondations ainsi que les dommages faits aux berges (décrochements, glissement de terrain, etc.) lors de crues printanières ou de forts épisodes de précipitations. En effet, la végétation présente dans les terres humides permet de diminuer les forces érosives associées au niveau d’eau élevé en dispersant l’eau et en réduisant sa vitesse.

Biodiversité :

2007 05 18 236npq grand h__ron bleu

Finalement, les milieux humides constituent des habitats de qualité pour de nombreuses espèces fauniques (oiseaux, amphibiens, poissons, reptiles, mammifères, etc.) et floristiques (graminées, plantes aquatiques, espèces de carex, etc.). En offrant une abondance de nourriture, d’eau et une grande diversité de niches écologiques, les terres humides constituent un support important de la chaîne alimentaire. Les espèces qu’on y retrouve, des micro-organismes aux plantes, en passant par les insectes, amphibiens, reptiles, oiseaux, poissons et mammifères, sont dépendants des conditions uniques et spécifiques associées à ces écosystèmes fragiles. Certains animaux n’y passeront qu’une partie de leur cycle vital, par exemple pendant la période de reproduction, tandis que d’autres y demeureront pendant toute leur vie. Les milieux humides abritent donc une biodiversité importante dépendante de leur intégrité. D’ailleurs, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, un tiers des espèces reconnues en péril au Canada vivent dans les milieux humides ou à proximité.

 Source : Canards Illimités, http://www.ducks.ca/fr/index.html

 

Documents intéressants à consulter :

Plan régional de conservation des milieux humides / Mauricie, Canards Illimités Canada plan regional milieux humides mauricie.pdf

Dépliant d'informations sur l'Étang, Canards Illimités Canada depl_etang.pdf

Identification et délimitation des écosystèmes aquatiques, humides et riverains, MDDEP  delimitation milieux humides.pdf

 

Vous êtes ici: